La Coalition Article 64 (C64) continue de faire parler d’elle et annonce une nouvelle mobilisation. Le mouvement affirme vouloir organiser une manifestation devant le Palais du peuple le 15 septembre prochain. Mais derrière cette annonce, une question mérite d’être posée : au nom de qui la C64 prétend-elle parler ?
Lorsqu’un mouvement politique ou citoyen affirme défendre « le peuple », il est légitime de s’interroger sur le mandat qu’il détient réellement. La population congolaise, dans toute sa diversité, ne peut être automatiquement assimilée aux militants ou sympathisants d’une organisation.
La C64 peut parfaitement défendre ses revendications et mobiliser ses propres membres. Mais prétendre parler au nom de l’ensemble du peuple congolais exige davantage qu’une déclaration politique : cela suppose de démontrer qu’une large partie de la population adhère réellement à cette démarche.
Une mobilisation qui reste à démontrer
La C64 annonce une manifestation devant le Palais du peuple. Mais quelle est aujourd’hui sa capacité réelle de mobilisation ? Peut-elle réunir spontanément une foule importante sans recourir à des méthodes de mobilisation contestables ?
Des accusations circulent régulièrement autour de certaines manifestations politiques, notamment celles faisant état de distributions d’argent ou de petites sommes à des jeunes afin de les encourager à participer. Ces accusations doivent toutefois être établies par des faits vérifiables et ne peuvent être présentées comme une réalité générale sans preuves.
Car une manifestation véritablement populaire devrait être portée par une adhésion volontaire et massive, et non par des incitations financières.
Le peuple n’est pas une propriété politique
Le peuple congolais n’appartient ni à la majorité, ni à l’opposition, ni à une coalition particulière.
Il revient aux citoyens eux-mêmes de choisir ceux qui parlent en leur nom. Une organisation peut défendre une cause, critiquer le pouvoir et appeler à la mobilisation. Mais elle ne devrait pas s’arroger automatiquement le monopole de la représentation populaire.
Le véritable test reste donc simple : combien de Congolais adhèrent réellement à la démarche de la C64 et sont prêts à se mobiliser volontairement pour ses revendications ?
Le 15 septembre pourrait justement permettre de mesurer cette réalité.
La rue ne suffit pas pour parler au nom d’une nation
Organiser une manifestation est un droit lorsqu’elle respecte la loi et les règles encadrant les libertés publiques. Mais réunir quelques centaines ou quelques milliers de personnes ne signifie pas nécessairement représenter toute une population.
La RDC compte des millions de citoyens aux opinions, aux priorités et aux préoccupations différentes. Beaucoup veulent avant tout travailler, vivre en sécurité, accéder aux services publics, améliorer leurs conditions de vie et voir leurs dirigeants répondre à leurs attentes.
La question qui se pose donc à la C64 est claire : sa mobilisation du 15 septembre exprimera-t-elle une véritable adhésion populaire ou seulement celle de ses militants et sympathisants ?
Le 15 septembre, l’épreuve de vérité
La manifestation annoncée devant le Palais du peuple sera, au-delà des discours, une occasion pour l’opinion d’observer la capacité réelle de la C64 à mobiliser.
Car en politique, les slogans ne suffisent pas. La représentativité se démontre, elle ne se proclame pas.
La C64 est libre de défendre ses positions et de mobiliser ses militants. Mais le peuple congolais mérite qu’on ne parle pas abusivement en son nom.
Le 15 septembre, une chose sera particulièrement observée : la C64 mobilisera-t-elle véritablement le peuple, ou seulement ceux qui partagent déjà ses positions ?
La réponse appartiendra aux Congolais eux-mêmes.
Le tonnerre